Artistes Tchèques en France

Droit Réservé Pro Arte 2016

Pendant tout l’été le Centre Culturel Tchèque de Paris a présenté une exposition passionnante intitulée « Les artistes tchèques en France, hommage à un pays inexistant ».

Elle sera terminée le 30 septembre.

Outre les œuvres exposées souvent d’une très grande qualité étaient accrochés des panneaux aux textes particulièrement instructifs sur la vie des artistes et leur lien avec la France.

La masse d’informations à lire est heureusement reproduite dans le remarquable catalogue. Ainsi tous ceux qui n’auront pu visiter l’exposition pourront l’acquérir et le mettre en bonne place dans leur bibliothèque.

Pourquoi cette exposition avec ce titre évoquant un pays « inexistant » ? Tout simplement parce qu’elle se veut une commémoration du centième anniversaire de la naissance du Conseil national tchécoslovaque qui siégeait au 18 rue Bonaparte, siège aujourd’hui du Centre Culturel Tchèque. Or en 1916, la Tchécoslovaquie n’existait pas encore puisque le territoire était partie de l’Empire Austro-Hongrois et que depuis 24 ans aujourd’hui elle n’existe plus mais comme le souligne l’introduction du catalogue « elle n’a pas disparu pour autant de la carte culturelle et artistique de l’Europe ». On sait en effet qu’à présent il y a deux états séparés: la Tchéquie et la Slovaquie.

L’exposition rappelle à quel point les artistes tchécoslovaques furent attachés à la France et y trouvèrent un cadre propice à leur créativité. Frantisek Kupka , très présent dans l’exposition, fut l’un d’eux pour citer un nom connu, mais aussi Jan Zrzavy dont l’art très délicat et sensible mériterait une meilleure connaissance dans notre pays.

Mais cette exposition a été l’occasion d’un bel événement : la présentation pour la première fois en France d’un tableau de Mucha ayant une forte charge symbolique : Le baiser de la France à la Bohême. Cette présentation a fait l’objet d’une émouvante cérémonie le 15 septembre, en présence du petit fils de l’artiste et avec une évocation par Jean Philippe Namont de l’installation des Tchéques en France, thème qui lui est familier puisqu’il est l’auteur d’une thèse intitulée «  La colonie tchèque en France entre 1914 et 1940 ».

L’ensemble de jeunes voix Aposiopée dirigé par Natacha Bartosek donnait ensuite des œuvres de Bohuslav Martinu, ce grand compositeur disciple d’Albert Roussel, et qui était bien évidemment en relation avec les plasticiens tchécoslovaques vivant à Paris comme Mucha.

De relativement petite dimension, le tableau de Mucha peut surprendre car ce n’est ni une affiche ni une fresque monumentale, genres dominants chez l’artiste. Datant de 1918 il représente un homme coiffé d’un bonnet phrygien -symbole de la République émancipatrice – qui embrasse la Bohême – une femme bien en chair – qu’il vient de libérer de ses entraves qui l’attachaient au joug – l’Empire des Habsbourg – figuré par une croix,

Les couleurs sont assez sourdes, allant du brun profond au rouge, avec une large tache blanche qui drape la Bohême et éclaire le tableau.

Espérons voir d’autres œuvres de Mucha, ce qui peut ne pas être un vœu pieux : en effet John Mucha a annoncé l’ouverture probable à Paris d’un lieu pour la Fondation qu’il préside , créée en hommage à son grand-père.

C’est avec impatience que nous attendons cet événement.

Gilles RibardièreDroit réservé Mucha Trust

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