Soutine, un peintre qui n’a jamais oublé ses racines près de Minsk?

En ce moment à l’Orangerie à Paris se tient une exposition des oeuvres de Chaïm Soutine jusqu’au 21 janvier 2013.

Si il est parti à l’âge de 20 ans à Paris en faisant table rase de tout son passé, il semble difficile de ne pas regarder ses tableaux en oubliant ses racines. Il a passé son enfance dans un milieu juif traditionnel, dans un shtetl, puis à Minsk où il passe son adolescence. Quant à sa formation artistique, elle se fait à Vilnius, avant Paris ….Lorsque l’on regarde les villages de notre Provence tel qu’il les exprime, on est frappé par leur aspect tourmenté, comme furent tourmentés les shtetls au gré des progroms, des destructions, et surtout des exactions nazies….Il y a donc aussi  de la prémonition dans ces peintures qui datent des années 20, le siècle passé.

Les commissaires de l’exposition n’ont pas occulté les année d’apprentissage de Soutine. Ainsi à propos des nombreuses représentations d’arbres, il est fait observer que ceux-ci dans la tradition des campagnes autour de Minsk avaient des vertus protectrices. Quant aux poulets déplumés, ils sont une image que l’enfant Chaïm voyait souvent dans son shtetl.

Certes on ne niera pas que Soutine appartient à ce que l’on désigne comme l’école de Paris, mais on affirmera qu’il est aussi un artiste qui appartient au Yiddishland à travers son parcours jusqu’à l’âge de 20 ans qui le conduit à Smilovitchi, puis à Minsk et enfin à Vilnius.

Gilles Ribardière

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