Antanas Sutkus à Paris

Paris réserve toujours de belles surprises. En témoigne la galerie Russian Tea Room, située 1 avenue de Trudaine dans le neuvième arrondissement, en dehors en fait des circuits des galeries d’art parisiennes. C’est un modeste local avec un rez-de-chaussée et un sous-sol, animé par Liza Fetissova. Elle tient une ligne artistique rigoureuse:l’art photographique de la Russie et de ses anciennes républiques devenues indépendantes,  avec parfois des échappées dans les ex-satellites voire même au delà.

Pour l’heure c’est un artiste de Lituanie qui est à l’honneur, jusqu’au 20 février, Antanas Sutkus. Le journal le Monde ne s’y est pas trompé, qui lui a consacré un bel article: l’exposition montre à quel point c’est un artiste remarquable. Aucune mièvrerie dans sa présentation de la réalité soviétique, mais un regard en sympathie avec les sujets captés, sans misérabilisme.

Il n’y a jamais mise en valeur d’un « homo sovieticus » illusoire, ce qui tranche avec des représentations soulignant l’héroïsme du révolutionnaire, ou le stakhanoviste, souvent à l’honneur en Union Soviétique. Ainsi, l’art de Sutkus n’est pas « daté », ni circonscrit dans son espace: il touche à l’universel.

Les tirages présentés sont de grande qualité. Ont ils reçu l’imprimatur de Sutkus? J’ai noté un cliché magnifiquement construit d’une femme penchée à sa fenêtre avec en arrière plan une des rues du centre historique de Vilnius, de même que cet immense et vide échangeur routier, pas loin d’une image constructiviste.

La Lituanie a une tradition dans l’art photographique. Sutkus en est un des représentants emblématiques.

La jeune génération mérite aussi d’être présentée. Souhaitons que la galerie Russian Tea Room le fasse, en invitant par exemple la jeune (1981) Joana Deltuvaite.

Gilles Ribardière.

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